Témoignage de Michel

Mon histoire :

Ode au syndrome
Michel

Je confie mon ennui, au silence de la nuit.

La ville s'est endormie sous la lune qui luit.

Pour vaincre mon supplice, il me faudrait marcher

J'effectue quelques pas, il me faut espérer

Mes jambes s’impatientent, il me faut les bouger,

Je tourne et tourne en rond, pour activer mes pieds.

Quelle distance me faut-il, pour ressentir un mieux ?

Qu'importe, mais l'essentiel, c'est de revivre un peu.

Mais que la nuit est longue, en absence de sommeil,

Je parle avec ma muse pour tromper mon éveil.

Quelques alexandrins nourrissent mon attention,

Faisant fuir quelque temps de mes jambes le démon.

Il me faudra, je sais, retenter de dormir,

Morphée, je t'en supplie, ne peux-tu m'accueillir ?

Il reste sourd parfois, de nouveau je me lève,

Je refais quelques pas pour entrevoir une trêve.

Je partage mon ennui avec la nuit qui fuit,

Telle est mon aventure quand le noir m'envahit.

La lumière revenue, mon espoir renaîtra…

Quand le soir reviendra, mon calvaire sera là…

Pour quelles raisons ai-je adhéré à l'AFE :

J'étais seul à me battre, face au supplice de cette maladie que beaucoup ignoraient. Même le corps médical semblait perdu devant ces syptômes. Puis, dans ma solitude, une porte s'est ouverte: je découvrais que je n'étais pas seul à souffrir et qu'une association avait vu le jour pour partager notre besoin de comprendre et d'avancer dans la recherche de cette maladie. C'est toujours vrai, "l'union fait la force". Alors, je me suis empressé d'adhérer à l'A.F.E. L'homme pour se reconstruire a souvent besoin d'un miroir pour redorer son image. Dans le miroir de l'A.F.E, il y avait toutes ces femmes et tous ces hommes unis par ce syndrome des jambes sans repos et qui ne demandaient qu'à avancer....

Ce que l'AFE m'a apporté :

Tout d'abord, la solidarité... Je partageais mes soucis avec d'autres. Chacun, à sa façon, contait ses mésaventures, ses nuits d'angoisse, et dans tous ces récits, il y avait toujours un peu de moi même. Puis, il y eut ces réunions dans ma ville, où non seulement, l'association m' apporta des précieux renseignements, mais je découvrais qu'autour de moi, d'autres vivaient la même maladie. Je retrouvais des connaissances dont j'ignorais totalement qu'ils souffraient comme moi. Certes, cela n'enlève rien à mes symtômes, mais cela m'apportait courage et remontait mon moral. Et puis, grâce à notre association, la maladie fut prise avec plus de sérieux, reconnue par le corps médical . Et financièrement, elle permettait d'ouvrir des groupes de recherche qui faisaient progresser la compréhension de la maladie. Bien sûr, nous sommes encore loin de la guérison, mais le train est en marche et chaque découverte abrégera notre souffrance. C'est cela le vrai sens de l'A.F.E.