2007 - DOULEURS, INSOMNIES ET SOMNOLENCE

Description fine du projet :

Il existe beaucoup d’éléments cliniques qui rapprochent le SJSR des douleurs neuropathiques : l’anticipation anxieuse du syndrome, l’impression de calvaire, de torture les stratégies d’évitement, le retentissement très important sur la qualité de vie (supérieur à celui des diabétiques, des arthritiques ou des dépressifs chroniques), et le bénéfice des antalgiques opiacés et des antiépileptiques (comme la gabapentine).D’autres disent se réveiller (même sans mouvements périodiques de jambes) en ayant l’impression d’avoir été « roués de coup ».

Malgré cette similitude clinique entre SJSR et douleurs neuropathiques, la relation entre le SJSR et la douleur est encore peu étudiée. Certaines données cliniques et expérimentales renforcent l’idée selon laquelle le SJSR serait non seulement un trouble moteur mais aussi un trouble du contrôle et de la modulation de la douleur voire une forme de douleur chronique proche des douleurs neuropathiques.

Nous proposons d’étudier cette composante sensitive du SJSR chez deux groupes de patients Français. On élaborera un questionnaire assez exhaustif contenant des données démographique, cliniques et descriptives. Ce questionnaire sera testé d’abord chez 50 patients face à face puis chez 1200 patients par auto questionnaire. En plus, on procédera à une description de la topographie des sensations désagréables et à un recensement des conditions qui les amplifient ou les réduisent. La première étape consiste à construire un questionnaire pouvant évaluer la composante sensitive du SJSR le plus exhaustivement possible. Ce questionnaire contiendra :

La troisième étape consiste à évaluer alors ce questionnaire après validation dans une population de patients assez large, chez 1200 membres tirés au sort parmi les patients de l’Association des personnes affectées par les jambes sans repos. Nous tablons sur 80% de réponses (960 patients). Les questionnaires seront anonymes.

Enjeux et résultats attendus :

Nous attendons de ce travail une description la plus exhaustive possible des symptômes sensitifs de la maladie, et des situations qui aggravent ou soulagent les symptômes. Ces résultats serviront à mieux connaître cette maladie, ses similarités avec la douleur, à mieux comprendre ses mécanismes. Ils pourront être immédiatement utilisés pour conseiller les patients.

Résultats obtenus :

Etude de 56 patients avec SJSR primaire :

  • Age 37-84 ans
  • 66% femmes, 33% hommes
  • 68% ont connu d’autres cas dans la famille
  • Tous traités (agoniste DA, ± autres traitement)
  • Sévérité du syndrome 21 ± 9 (score traité, sur 40)
  • 41% restent insomniaques, 29% déprimés, 11% épuisés

Tous devaient tenter de décrire au mieux leurs sensations douloureuses ou non. Quelques exemples parmi les plus fréquemment utilisés :

  • Comme un mal de dent dans les jambesQuelque chose qui bouillonne
  • Des fourmis à l’intérieur
  • Comme si on repassait ma peau au fer à repasser
  • Une sorte de vague qui circule
  • Mes mollets vont exploser
  • Quelque chose qui grignote
  • Comme un stock d’énergie qui va être évacué par le mouvement
  • Un courant électrique
  • Comme si un diable me punissait de me reposer en me piquant les jambes quand je m’allonge

Suite aux différents interrogatoires cliniques, il a été possible de déterminer que, en ce qui concerne la composante sensitive, on peut déterminer deux formes de SJSR

Une forme non progressive :

La localisation des douleurs n'évolue pas.

Une forme non progressive :

La localisation des douleurs évolue pouvant même atteindre tout le corps.