Date de publication :
30 juin 2026
Désinhibition de l'activité cérébelleuse par perte du gène MEIS1 associé au syndrome des jambes sans repos
William Joo 1, Joo Won Choi 2, Alexander F. Schier 1 2 3
1 Biozentrum, Université de Bâle, Bâle 4056, Suisse
2 Département de biologie moléculaire et cellulaire, Université Harvard, Cambridge, MA 02138, États-Unis
Reçu le 22 septembre 2025, révisé le 2 avril 2026, accepté le 20 mai 2026, disponible en ligne le 17 juin 2026.
Une étude menée à l'Université de Bâle apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes du syndrome des jambes sans repos, un trouble neurologique caractérisé par un besoin difficilement contrôlable de bouger les jambes, particulièrement au repos et pendant la nuit.
Les scientifiques s’intéressent à MEIS1, l'un des principaux gènes associés au risque de développer ce syndrome. En étudiant des larves de poissons-zèbres privées de la version correspondante du gène, appelée meis1b, ils ont observé des déplacements anormalement longs et une activité locomotrice accumulées
Les analyses ont révélé que la perte de ce gène perturbe le développement du cervelet, une région du cerveau impliquée dans la coordination et la régulation des mouvements. Les poissons présentaient notamment une diminution partielle des cellules de Purkinje. Ces neurones inhibiteurs limitent normalement l'activité des circuits moteurs. Leur perte réduite donc l'effet de « frein » exercé par le cervelet et entraîne une activation excessive des voies responsables du mouvement.
Les chercheurs ont renforcé cette hypothèse en modulant directement l'activité des circuits cérébelleux. Ils ont également montré que des médicaments déjà utilisés contre le syndrome des jambes sans repos pouvaient normaliser certains comportements des moteurs des poissons mutants.
Ces résultats ne prouvent pas encore que le même mécanisme explique tous les symptômes chez l'être humain. Ils placent toutefois le cervelet au centre d'une nouvelle piste de recherche et pourraient aider à identifier des traitements ciblant plus précisément les circuits moteurs concernés.
En savoir plus : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982226006482