ETUDE USA GABAPANTINE

ETUDE USA GABAPANTINE
Top sante magazine
Date de publication :
22 juillet 2026
Mis à jour le 21/07/2026 à 09:06 Par La rédaction 
Une nouvelle étude rétrospective menée par Case Western Reserve University à  Cleveland (USA) sur la Gabapentine. 
Cette étude alerte sur un risque accru de démence pouvant atteindre 40 %. 

(En préambule, l’équipe de l’AFE s’inquiète de cette publication très alarmiste qui  fournit des chiffres semble-t-il extravagants sur les effets de la Gabapentine (Neurontin) qui  présenterait « un risque accru de démence pouvant frôler les 40% » ! ! 
Il est important de bien lire l’article en entier car des contradictions apparaissent et  notamment, les auteurs de l’étude « insistent eux-mêmes sur les limites de leur travail… ». 
On peut donc se demander comment une telle étude, peut-être un peu discutable et portant à  conséquences incontestables pour les patients, peut être publiée telle quelle.) 


Très prescrite contre les douleurs, la gabapentine est liée, dans une vaste étude rétrospective, à une hausse du  risque de démence pouvant frôler 40 %. Ce signal, surtout chez les adultes de moins de 65 ans souffrant de  lombalgie chronique, bouscule la surveillance des traitements. 
 
Entre 2004 et 2024, Case Western Reserve University analyse 52 828 dossiers TriNetX de patients  lombalgiques traités ou non par gabapentine.

Les chercheurs observent qu’avec douze prescriptions ou plus, le risque de démence augmente de  40 % et le trouble cognitif léger de 65 %. 

Entre signal préoccupant, limites méthodologiques et études contradictoires, l’équilibre entre  bénéfices antalgiques et risque cognitif de la gabapentine reste au centre des discussions. 

Médicament largement prescrit pour les douleurs neuropathiques, l’épilepsie ou les jambes sans repos,  la gabapentine se retrouve au centre d’une alerte scientifique. Une nouvelle étude rétrospective menée  par Case Western Reserve University à Cleveland associe son usage répété à un risque accru de  démence et de trouble cognitif léger, avec une hausse pouvant atteindre 40 % chez les patients les plus  exposés. 

Les chercheurs ont analysé des dossiers médicaux sur 20 ans et mis en évidence une association entre le  nombre d’ordonnances de gabapentine et l’apparition de troubles de la mémoire dans les 10 ans. Le  signal est particulièrement marqué chez les adultes de moins de 65 ans, ce qui interroge autant les  patients traités pour lombalgie chronique que leurs médecins, tout en imposant de rappeler qu’il ne  s’agit pas d’une preuve de causalité. 

Gabapentine et risque de démence : ce que montre la nouvelle étude 

La gabapentine est un antiépileptique qui agit sur les messagers chimiques du cerveau pour calmer les  crises et certaines douleurs nerveuses après zona ou dans les douleurs chroniques. La démence désigne  un déclin progressif des fonctions cognitives (mémoire, raisonnement, comportement) assez important  pour perturber la vie quotidienne ; le trouble cognitif léger correspond à un déclin mesurable, mais  avec une autonomie globalement préservée. 

Pour cette étude de cohorte rétrospective, l’équipe américaine a utilisé la base TriNetX, un vaste réseau  international de dossiers médicaux électroniques. Entre 2004 et 2024, 26 414 adultes ayant une  lombalgie chronique et recevant de la gabapentine ont été comparés à 26 414 patients similaires n’en  recevant pas, grâce à un propensity score matching (appariement statistique) sur l’âge, le sexe et les  antécédents. Les auteurs résument leurs résultats ainsi : "Nos résultats indiquent une association entre  la prescription de gabapentine et la démence ou les troubles cognitifs dans les 10 ans. De plus, une  fréquence de prescription plus élevée est corrélée à l’incidence de la démence". La recherche a été  publiée dans la revue scientifique Regional Anesthesia & Pain Medicine. 

Un risque accru pouvant atteindre 40 % selon la fréquence des prescriptions 

Selon les auteurs, recevoir au moins six ordonnances de gabapentine était associé à une augmentation  du risque relatif de démence de 29 % (RR 1,29) et de trouble cognitif léger de 85 % (RR 1,85) à 10 ans,  par rapport aux patients non exposés. Chez ceux ayant cumulé douze prescriptions ou plus, le risque  relatif de démence atteignait 1,40, soit une hausse de 40 %, et celui de trouble cognitif léger 1,65, soit  +65 % par rapport aux personnes ayant reçu 3 à 11 prescriptions. 

Le signal est particulièrement marqué chez les 35-49 ans, où le risque de démence a plus que doublé et  celui de trouble cognitif léger plus que triplé, avec des résultats proches chez les 50-64 ans. Dans un  communiqué du groupe médical BMJ, les chercheurs soulignent toutefois que ces chiffres reflètent un  risque relatif : +40 % ne signifie pas que 40 % des patients développeront une démence, mais que la  probabilité est 1,4 fois plus élevée que dans le groupe de comparaison. Une étude taïwanaise menée  chez des patients douloureux chroniques a d’ailleurs retrouvé un odds ratio ajusté de 0,91 (intervalle0,83–1,01), suggérant l’absence d’augmentation significative, ce qui montre que la littérature reste  partagée. 

Comment interpréter ces données et que faire si vous prenez de la gabapentine ?
Les auteurs insistent sur les limites de leur travail : étude observationnelle, rétrospective, absence de  données détaillées sur les doses et la durée réelle des traitements. Le nombre d’ordonnances n’est  qu’un indicateur imparfait de l’exposition. Les patients sous gabapentine ont souvent des douleurs  plus intenses, une moindre activité physique, davantage de comorbidités, autant de facteurs qui  peuvent eux-mêmes favoriser des troubles cognitifs. Des signes précoces de maladie d’Alzheimer  pourraient aussi conduire à consulter plus, donc à recevoir davantage d’antalgiques, créant une  impression de causalité inverse. 

Les chercheurs recommandent surtout de surveiller la cognition des adultes recevant des  prescriptions répétées de gabapentine, plutôt que d’arrêter brutalement ce médicament. Une interruption  soudaine peut provoquer une recrudescence des douleurs, voire des crises chez les personnes épileptiques. En  pratique, les spécialistes conseillent de discuter avec son médecin si l’on prend de la gabapentine sur le long terme,  en particulier si l’on constate : 

des troubles de mémoire inhabituels ou une confusion nouvelle ; 
des difficultés de concentration qui gênent le travail ou la vie quotidienne ; 
un allongement du traitement alors que la douleur initiale s’est modifiée. 

Le prescripteur peut alors réévaluer l’intérêt du médicament, ajuster la dose, proposer un sevrage  progressif ou explorer d’autres options antalgiques, en tenant compte de ce nouveau signal  de gabapentine risque démence sans perdre de vue les bénéfices attendus du traitement.
 
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