Date de publication :
09 mai 2026
Ouest- France publié le 9/05/2026
Atteint du syndrome des jambes sans repos, ce Morbihannais va rallier Séné à saint Malo en Kayak
Atteint du syndrome des jambes sans repos, Bruno Lefort témoigne d‘un quotidien bouleversé par cette affection neurologique. Cet ancien commerçant vannetais se lance dans un défi en kayak entre Saint-Malo et le Golfe du Morbihan pour sensibiliser le public et alerter sur une maladie dont les impacts restent souvent sous- estimés.
Bruno Lefort souffre de la maladie de Willis Ekbom, aussi appelée syndrome des jambes sans repos (SJSR). » C’est comme une goutte d’eau qui tombe sans arrêt sur la jambe. Ça ne fait pas mal, mais au bout de 10mn, c’est insupportable. Seule la station debout apaise. Pendant vingt ans, il a tenu le tabac presse de la place des Lices à Vannes.
Les nuits, tu ne dors que deux heures. Le manque de sommeil te rend irritable. Je ne voulais pas que mon commerce en pâtisse. »
A 56 ans, il vend l’affaire et va consulter. En 2017, un neurologue lui diagnostique un syndrome des jambes sans repos.
« Le quotidien est complètement bouleversé. Le fait d’être assis devient intenable. Je ne peux pas prendre la voiture l’après-midi. Je ne vais jamais au cinéma ni au restaurant. Les voyages, je n’y pense meme pas ! »
Un défi sportif pour sensibiliser au syndrome
Sportif, il pratique le kayak depuis des années avec son ami Francis, qui tient la base Enez Kapad, à Barrarach, commune de Séné (Morbihan). Ce dernier pour ses 60 ans se lance sur un défi : une rando Kayak de Saint -Malo à Séné.
« Mais ce serait mieux au profit d’une cause ! Alors, je lui propose le SJSR »
Les deux amis vont parcourir du 17 au 31 mai ,195 miles nautiques, de la Rance jusqu’au golfe du Morbihan, avec des étapes de sensibilisation à cette maladie, à Rennes et Redon. "Je ne peux pas donner le programme précis. Tout dépendra de ma condition physique. Six heures par jour dans le kayak, pour moi, ce n’est pas rien… »
« On relativise le fardeau mental de cette maladie »
« J’ai l’impression que le monde médical relativise le fardeau mental de ce syndrome. J’ai récemment été opéré de la main. Au bloc chirurgical, on m’a programmé à 11h au lieu de7h.
En salle de réveil, je ne tenais plus, je faisais des bonds dans le lit.
Les soignants, agacés, me demandent de cesser de bouger et de garder la position allongée. »
C’est aussi ce qu’a pu vérifier Simone Ruellan, souffrant de cette maladie depuis qu’elle a 8 ans. Elle est vice-présidente de l’association France Ekbom (AFE) : "8,5% de la population mondiale est touchée. Il existe souvent un terrain héréditaire. C’est une maladie neurologique incurable liée à un dysfonctionnement de la dopamine. »
Son message est clair : "Il faut que les médecins prennent davantage au sérieux les personnes atteintes de cette affection »