Le 23 septembre ,Journée internationale du SJSR

Le 23 septembre ,Journée internationale du SJSR
Le Dauphiné libéré
Date de publication :
23 septembre 2026
Haute Savoie
Propos recueillis par Patrick Desuzinge  
 
« Une maladie neurologique aux conséquences importantes sur le quotidien » :  atteint d’un syndrome rare, il roule de Mésinges à Annecy pour sensibiliser.  
 
Atteint depuis 21 ans du syndrome des jambes sans repos (SJSR), le Chablaisien Claude Badet veut profiter de la journée internationale consacrée à cette maladie, le mercredi 23 septembre, pour sensibiliser le grand public. Correspondant de l’association France Ekbom pour la Savoie et la Haute-Savoie, il reliera ce jour-là Mésinges à Annecy à vélo, vêtu d’un gilet jaune floqué aux couleurs de la maladie. Rencontre. 

Qu’est-ce que le syndrome des jambes sans repos ? 
 « C’est une maladie neurologique  chronique et invalidante qui toucherait environ 8 % de la population. Elle peut être soulagée par des traitements médicamenteux, mais on n’en guérit pas aujourd’hui. On parle aussi de maladie de Willis-Ekbom, du nom des deux médecins qui l’ont décrite. »  

Quels sont vos symptômes ?  
« Ce sont des sensations désagréables que la médecine appelle des impatiences. Elles se   
manifestent surtout le soir, lorsque je suis assis ou allongé. Elles m’obligent alors à me lever et à   
marcher quelques instants, plusieurs heures, voire parfois jusqu’au matin. Cela peut prendre la forme de fourmillements, d’une sensation de milliers de vers qui grouillent dans mes jambes ou encore de décharges électriques extrêmement douloureuses.   
Dans certaines crises, même marcher ne suffit pas à les calmer.   
Ces impatiences empêchent l’endormissement. Et lorsqu’on finit par s’endormir, elles peuvent réapparaître au cours de la nuit et empêcher d’avoir un sommeil réellement récupérateur. Elles peuvent aussi survenir dans la journée et toucher les bras. Cela a forcément des conséquences importantes sur la vie quotidienne, mais aussi sur celle de l’entourage. »  

 Certaines situations sont-elles particulièrement difficiles ?  
« En voiture, je n’ai jamais de symptômes lorsque je conduis. En revanche, ils peuvent apparaître lorsque je suis passager. Au cinéma, par exemple, je m’installe toujours près de la sortie pour pouvoir m’éclipser rapidement en cas de crise. »  
« J’invite toutes les personnes qui souffrent de ces symptômes à ne pas rester seules à endurer ce mal en silence ». 

Votre traitement vous soulage-t-il ?  
« Il a des effets secondaires qui ne sont pas négligeables. Dans mon cas, cela se traduit notamment par une boulimie irrépressible. J’essaie de la contrôler, mais j’ai parfois l’impression que mon cerveau se déconnecte. Je peux alors manger tout ce que je trouve dans le réfrigérateur.   Les effets secondaires peuvent prendre d’autres formes chez les patients : addiction aux jeux, somnolence, libido exacerbée… Ce sont des conséquences qui peuvent elles aussi avoir un impact très important sur la vie personnelle et familiale. »  

Les enfants peuvent-ils également être concernés ?  
« Oui, ils peuvent être atteints eux aussi, mais le diagnostic est plus compliqué à poser. Leurs symptômes sont parfois attribués à de l’hyperactivité et leurs douleurs à de simples phénomènes de croissance. Il faut donc être attentif. »  

Pourquoi cette journée internationale est-elle importante pour vous ?  
« Je veux profiter de cette journée pour faire connaître davantage cette maladie, encore trop méconnue.  Mercredi 23 septembre, je vais donc relier Mésinges à Annecy à vélo, avec un gilet jaune permettant d’identifier clairement la cause que je défends. J’invite surtout toutes les personnes qui souffrent de ces symptômes à ne pas rester seules à endurer ce mal en silence.   

L’association France Ekbom peut les renseigner, les accompagner et les informer sur les avancées médicales concernant la maladie. »  

Pour le contacter : claude-badet@laposte.net ou 09 67 79 88 43. 

 

 

Une maladie encore mal comprise  
Décrits dès 1672 par le neurologue anglais Thomas Willis, les symptômes du syndrome des jambes sans repos (SJSR) ont été précisés en 1945 par le médecin suédois Karl-Axel Ekbom. Il s’agit d’une maladie dont la cause exacte reste encore inconnue. Dans sa forme dite idiopathique, elle apparaît sans être directement liée à une autre pathologie. Le diagnostic repose avant tout sur les symptômes décrits par le patient et sur l’exclusion d’autres causes possibles, notamment grâce à des analyses et examens médicaux.  Plusieurs facteurs semblent toutefois jouer un rôle dans son apparition.   
Deux gènes ont notamment été identifiés comme pouvant être impliqués dans sa transmission. Une carence en fer est également considérée comme un facteur important : le fer intervient dans le fonctionnement de plusieurs neurotransmetteurs, notamment la dopamine, dont le déséquilibre pourrait contribuer aux symptômes du SJSR. 

 
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