Jambes sans repos : l'espoir de la stimulation du nerf vague

Jambes sans repos : l'espoir de la stimulation du nerf vague
Delphine Renault, France 5
Date de publication :
17 mars 2022
Robert Parisot, Président de l'Association France Ekbom (AFE) est atteint de la maladie de Willis-Ekbom aussi appelée syndrome des jambes sans repos.

Les médicaments ne sont pas toujours efficaces pour les patients qui en souffrent. C'est pourquoi une alternative non-médicamenteuse est à l’étude. Une équipe de l’hôpital Raymond Poincaré à Garches mène un protocole de recherche encourageant pour traiter le syndrome : 
la neurostimulation du nerf vague.
 
Visionnez la vidéo sur cet essai clinique prometteur : 
Nos équipes avaient rencontré Robert Parisot en 2016. A l’époque, ses nuits viraient au cauchemar à cause du syndrome des jambes sans repos.

"Ce sont des décharges électriques, moi je le ressens comme ça c’est difficile à expliquer. La nuit je suis obligé de me lever", explique Robert. Ce jour-là la douleur l’empêchait même de répondre aux questions.  
 

La neurostimulation comme nouvelle alternative

Six années se sont écoulés depuis ces images, la maladie s’est intensifiée. Robert continue toujours d’accumuler les nuits blanches. Les traitements sont inefficaces, la seule solution est de se lever et marcher.  

"Cette angoisse d’aller se coucher, c’est l’horreur. Pendant des années, j’ai trainé devant ma télé pour essayer de piquer du nez et pour tout de suite aller me coucher derrière. Au début je n'avais que les jambes, aujourd’hui, j’ai aussi les bras. Cela peut être les jambes et les bras, tout est lié. Il y a des nuits où je pleure. J'en ai marre", confie Robert. 

Depuis quelques semaines, Robert reprend espoir. Il participe à un protocole de recherche à l’hôpital de Garches avec au programme de la neurostimulation.

Tout commence par la mise en place d’un casque qui va enregistrer son activité cérébrale durant la séance. 


La stimulation du nerf vague

Une électrode positionnée au creux de son oreille gauche va envoyer de légères impulsions électriques. "Je vais augmenter la stimulation dès que vous sentez quelque chose vous me le dites", explique l'ingénieur. 

"On ne sent rien, quelques picotements au départ mais qu’on oublie très, très vite. Ce n'est absolument pas désagréable", confie Robert. 

Robert est plongé dans le noir, la séance va durer 1heure. C’est le nerf vague qui est stimulé, il s’agit du nerf le plus étendu dans l’organisme. Ici en jaune, il part de la tête et descend jusque dans le bas ventre. Ce nerf joue aussi un rôle sur le réseau dopaminergique du cerveau.  

"Le nerf vague va réguler tout un tas de fonctions dans les réseaux dopaminergiques dans le cerveau qui sont impliqués dans le syndrome des jambes sans repos. Le pari ici est qu’en stimulant le nerf vague, on régule cette activité. 

On restaure une activité plus cohérente dans ce réseau-là espérant qu’une activité plus régulière va permettre de diminuer les symptômes", commente le Dr Eric Azabou, neurologue-neurophysiologiste à l'hôpital Raymond-Poincarré à Garches.
 

Des résultats encourageants

C’est la fin de séance pour Robert. Sur les 15 participants à cette étude, 14 ont vu une diminution de leur syndrome. Ce sont des résultats prometteurs. Après 8 semaines de neurostimulation, Robert fait le bilan avec son neurologue. 

"Les nuits sont plus calmes, je ne vais pas vous dire que c’est la panacée, il ne faut pas exagérer mais le sommeil est beaucoup mieux, je fais beaucoup de nuits où je dors, c’est quand même pas mal", conclut Robert.

Pour confirmer ces premiers résultats, une 2ème étude va commencer d’ici quelques mois. A terme, ce traitement pourrait être proposé à tous les patients résistants aux médicaments, comme Robert.     

Crédits : Magazine de la Santé - France 5
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