Syndrome des Jambes Sans Repos : La fin du « tout-dopaminergique »

Syndrome des Jambes Sans Repos : La fin du « tout-dopaminergique »
Date de publication :
20 décembre 2025
Syndrome des Jambes Sans Repos : La fin du « tout-dopaminergique »
(Nouvelles Directives AASM 20)

Association Fibromyalgies : ne jamais renoncer
Un tournant thérapeutique historique
Pendant plus d’une décennie, la réponse médicale standard face au Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR) était quasi-automatique : la prescription d’agonistes dopaminergiques (comme le pramipexole ou le ropinirole).
 
En octobre 2024, l’American Academy of Sleep Medicine (AASM) a publié de nouvelles directives cliniques qui bouleversent cette habitude. S’appuyant sur une révision systématique des preuves scientifiques, ces recommandations relèguent les traitements historiques au second plan et imposent une nouvelle stratégie axée sur la gestion du fer et l’utilisation des ligands alpha-2-delta.
 
1. Le problème des traitements historiques : Le syndrome d’augmentation
Pourquoi un tel revirement ? L’expérience clinique a montré que les agonistes dopaminergiques, bien qu’efficaces à court terme, présentent un risque majeur sur le long terme : le syndrome d’augmentation.
Paradoxalement, le médicament finit par aggraver la pathologie qu’il est censé soigner :
  • Les symptômes apparaissent plus tôt dans la journée.
  • Ils deviennent plus intenses.
  • Ils s’étendent à d’autres parties du corps (bras, tronc).
En raison de ce risque élevé et des troubles potentiels du contrôle des impulsions, l’AASM recommande désormais de ne plus utiliser ces molécules en première intention.

2. La nouvelle priorité : Le bilan martial (Fer)
Avant tout traitement médicamenteux spécifique, la nouvelle directive impose une évaluation stricte des réserves de fer du patient.
Le SJSR est fortement corrélé à une carence en fer cérébral. Les médecins doivent vérifier :
  • La ferritine sérique.
  • La saturation de la transferrine.
Si la ferritine est inférieure à 75 ng/mL (ou si la saturation est basse), une supplémentation en fer (orale ou intraveineuse selon la sévérité) est recommandée. Pour beaucoup de patients, corriger cette carence suffit à réduire considérablement les symptômes sans recourir à des neuroleptiques ou antiépileptiques.

3. Le nouveau traitement de référence : Les Gabapentinoïdes
Pour les patients nécessitant un traitement médicamenteux (et dont le taux de fer est normalisé), les ligands alpha-2-delta deviennent le choix de prédilection (recommandation forte).
Il s’agit principalement de :
  • La Gabapentine (Neurontin et génériques).
  • La Prégabaline (Lyrica et génériques).
L’intérêt pour les patients fibromyalgiques : Ce changement de paradigme est particulièrement pertinent pour les patients souffrant de comorbidités comme la fibromyalgie. Ces molécules étant déjà indiquées pour les douleurs neuropathiques et la fibromyalgie, elles permettent de traiter deux pathologies avec une seule molécule, limitant ainsi la poly-médication.

4. Et les dispositifs médicaux ?
Les nouvelles directives mentionnent, de manière conditionnelle, l’utilisation de la stimulation du nerf péronier. Cependant, il convient de rester prudent. Pour les patients souffrant d’hypersensibilité centrale ou ne tolérant pas les stimulations électriques (type TENS), ces dispositifs peuvent provoquer des effets indésirables (vertiges, nausées, intolérance cutanée). L’approche pharmacologique ou la gestion du fer restent prioritaires dans ces cas complexes.

Conclusion
Il est impératif que les patients et les praticiens mettent à jour leur logiciel thérapeutique. Continuer de prescrire systématiquement du pramipexole ou du ropinirole pour un SJSR débutant est désormais considéré comme une pratique obsolète et potentiellement délétère à long terme. La priorité est au fer et à la stabilisation neuronale par les gabapentinoïdes.

Dictionnaire
Pour bien comprendre cet article, voici la définition des termes complexes expliqués simplement :
  • AASM (Académie Américaine de Médecine du Sommeil) : C’est la grande organisation de médecins aux États-Unis qui étudie le sommeil. Quand ils donnent des règles, les médecins du monde entier les écoutent pour savoir comment bien soigner.
  • Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR) : C’est une maladie qui donne une envie incontrôlable de bouger les jambes, surtout le soir au repos. On a l’impression d’avoir des fourmis ou des décharges électriques dans les jambes, ce qui empêche de dormir.
  • Agonistes dopaminergiques : C’est une famille de médicaments (comme le Sifrol ou le Requip) qui imitent la dopamine, un produit chimique du cerveau. On les utilisait tout le temps avant, mais on s’est aperçu qu’ils pouvaient aggraver la maladie après quelques années.
  • Syndrome d’augmentation : C’est quand le médicament se retourne contre le malade. Au début, ça soulage, mais à force d’en prendre, les douleurs reviennent plus fort, plus tôt dans la journée et touchent parfois aussi les bras.
  • Ferritine : C’est la « citerne » de fer de notre corps. C’est une protéine qui stocke le fer. Si la citerne est vide (taux bas), le cerveau manque de carburant et les jambes s’agitent.
  • Gabapentinoïdes (ou Ligands alpha-2-delta) : C’est la famille de médicaments qui remplace les anciens. Ils servent à calmer les nerfs qui sont trop excités. Ils sont aussi utilisés pour calmer les douleurs de la fibromyalgie.
  • Comorbidité : C’est quand on a deux maladies en même temps (par exemple, avoir la fibromyalgie ET le syndrome des jambes sans repos).
 
 
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